Dans son dernier livre Au royaume des femmes, Irène Frain évoque le peuple Naxi, minorité chinoise et société matriarcale qui vit dans la province du Yunnan, au sud-ouest de la Chine.
Dans un cadre majestueux de hautes montagnes, au pied du «Dragon de Jade», là où coule la «Rivière au Sable d'or», les Naxi préservent leurs multiples originalités, dans le sud-ouest de la Chine profonde.
Lijiang, capitale du pays Naxi, est le berceau d’une société qui possède une langue unique, une écriture rarissime et une histoire vieille de 4.000 ans.
La tradition immémoriale des Naxi donnait jadis l’autorité familiale, l’hérédité des biens et du nom familial aux seules femmes.
Les femmes Naxi ont toujours travaillé pour être libres: libres de choisir leurs amants, libres de posséder le bien de la famille.
Pendant des siècles même, les mots "mari", "mariage" ou "père" n’existaient pas dans la langue Naxi. On parlait d’ ”Açia” ou "Tendre Ami". L’homme vivait chez ses parents. La femme vivait... chez elle. Avec ses enfants.
Dans Au royaume des femmes, Irene Frain raconte le fabuleux destin de l'Autrichien Joseph Rock, botaniste et journaliste aventurier, parti en 1923 à la recherche d'une mythique tribu matriarcale, entre la Chine et le Tibet.
Les Naxi possèdent une écriture pictographique «traces d'herbes et d'arbres», venue, dit-on, de Perse par la Route de la Soie et que les sages et prêtres Dongba ont élevée au rang de tradition et de religion. Les pictogrammes sont l’une des formes les plus anciennes de l’écriture: ils sont plus anciens que les premiers caractères chinois. Ils sont vieux de plus de 3.500 ans.
Le premier dictionnaire de pictogrammes Naxi a été rédigé dans les années 30 par Joseph Rock, le héros du livre d'Irène Frain. Joseph Rock se passionna rapidement pour les pictogrammes Naxi jusqu'à en oublier les raisons initiales de son séjour.
Un photographe australien est parti sur les traces de Joseph Rock dont il a fait un photoblog.
Le site de l'Ethnomuseum consacre plusieurs pages très intéressante à la culture Naxi.
Enfin, la photographe Annie Reffet a réalisé un très bel ouvrage, Chine inconnue, Peuples Naxi du Yunnan sur le sujet.
Lijiang -classée au Patrimoine mondiale de l'Unesco- veille encore sur ces femmes aux ceintures de lune, d'étoiles et de soleil.