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« Quatre mois, trois semaines, deux jours »,

« Quatre mois, trois semaines, deux jours », la Palme d'or du dernier festival de Cannes est sorti cette semaine. Un film indispensable.

Un poisson solitaire et son bocal (décoré avec une image qui représente une ville aussi grise et triste que Bucarest) est déposé sur une toile cirée.

Dans cette chambre de foyer universitaire, deux jeune femmes préparent un sac de voyage. Elles déplacent le poisson et son bocal; plient soigneusement la toile cirée.

Je pense me souvenir longtemps du premier plan du film « Quatre mois, trois semaines, deux jours » du réalisateur Cristian Mungiu.

Le cinéaste met en scène avec une proximité étouffante l'épreuve tragique de deux jeunes femmes confrontées à la nécessité de l'avortement dans la Roumanie de Ceaucescu.

Je me suis sentie physiquement happée par l'intimité crue que le cinéaste installe entre ses personnages et le spectateur, parfois d'ailleurs à la limite du supportable.

C'est le récit chirurgical d'une société contaminée, à chaque étage, par le fonctionnement d'un régime monstrueux et pervers dans lequel deux jeunes femmes se débattent pour survivre. Mais Mungiu ne s'arrête pas en si bon chemin.

A travers la description très subtile de ses personnage, le cinéaste dénoue la pelote des liens humains: sous les yeux du spectateur, il étire progressivement le fil de leur brutalité, terriblement banale. C'est là toute la force du film et ce qui le rend indispensable.

Françoise


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